26.05.2008
Manduel
Pour revenir à l’aqueduc de Nîmes et à ses environs, je vous signale l’existence d’une superbe colonne milliaire dans le village de Manduel, à l’entrée de Nîmes, et pas loin de Bellegarde dont je parlais récemment.
Cette colonne se trouve juste devant la mairie de Manduel. Elle a été édifiée par Antonin le Pieux qui régna de 138 à 161, et marque le septième mille (le mille romain représente une distance de 1000 pas, soit 1482 m).
On peut y lire la dédicace : L’empereur César Titus Aelius Hadrien Antonin fils du divin Hadrien auguste pieux grand pontife dans sa huitième puissance tribunicienne deux fois imperator quatre fois consul père de la patrie a fait réparer (la voie). Sept.
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23.05.2008
Castries2
A trois kilomètres de l’aqueduc de Castries, on peut aller voir les restes d’un pont romain.
Il est peu connu et moins imposant que celui d’Ambrossum, non loin de là, mais l’endroit est romantique à souhait.
Ce petit pont, preuve qu’une voie ancienne passait par ici, est maintenant réduit aux voussoirs en grand appareil d’une arche qui franchit la rivière Cadoule, et au départ d’une deuxième arche.
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22.05.2008
Castries1
Nous parlions récemment de l’aqueduc de Nîmes, mais il y a dans la région un deuxième aqueduc assez impressionnant, bien qu’il ne soit pas romain.
C’est l’aqueduc de Castries, charmant village que domine un imposant château.
C’est Paul Riquet, l’auteur du canal du midi, qui le construisit au milieu du XIXe siècle à la demande du duc de Castries, pour alimenter son château.
Il fallût aller chercher l’eau à la fontaine de Fontgrand, à plus de cinq kilomètres de là.
Ce fut un énorme travail, qui a du coûter une fortune, car il fallut percer des collines, franchir des ravins et construire plus d’une centaine d’arches dont certaines mesures vingt mètres de haut.
Ca vaut vraiment le coup d’œil.
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21.05.2008
Palavas
Le week-end dernier, j’ai été mangé une glace (énorme) à Palavas et j’en ai profité pour visiter l’église, près de la soucoupe volante (en fait le restaurant tournant au sommet de l’ancien château d’eau)
C’est une jolie église avec de superbes vitraux modernes.
On y trouve aussi, chose que j’ignorais, les reliques de Sainte Florence. Martyrisée à Rome en l’an 303, les reliques ont été récupérées dans une des célèbres catacombes.
11:55 Publié dans Voyage/Tourisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Palavas, Eglise, tourisme
29.04.2008
Le Pont du Gard 5
L’écrivain, qui c’est le plus étendu à propos du Pont du Gard, est semble- t-il, Stendhal dans les « Mémoires d’un touriste » où il écrit en date du (écrit le 03 août 1838) :
« J'ai profité de la nuit et d'un clair de lune magnifique pour faire les cinq lieues qui séparent Nîmes du Pont du Gard. J'y suis arrivé plongé dans un profond sommeil, sur les cinq heures du matin. Le fidèle Joseph a renvoyé les chevaux à la poste de La Foux, située à un quart de lieue. Il a fait un feu de bivouac et un excellent café. Une chèvre du voisinage a fourni le lait. Vous savez que ce monument qui n'était qu'un simple aqueduc s'élève majestueusement au milieu de la plus profonde solitude.
C'est à peine si le Colisée à Rome m'a plongé dans une rêverie aussi profonde. Ces arcades que nous admirons faisaient parti de l'aqueduc de sept lieues qui conduisaient à Nîmes les eaux de la fontaine d'Eure ; il fallait leur faire traverser une vallée étroite et profonde : de là le monument. On y trouve aucune apparence de luxe et d'ornement : les Romains faisaient de ces choses étonnantes, non pour inspirer l'admiration, mais simplement et quand elles étaient utiles. L'idée éminemment moderne de l'arrangement pour faire de l'effet est rejetée l'âme du spectateur, et si l'on songe à cette manie, c'est pour la mépriser. L'âme est remplie de sentiments qu'elle n'ose raconter, bien loin de les exagérer. Les passions vraies ont leur pudeur. Trois rangs d'arcades en plein cintre, d'ordre toscan et élevées les unes au-dessus des autres, forment cette grande masse qui a six cent pieds d'étendue sur cent soixante de hauteur. Le premier rang qui occupe tout le fond de l'étroite vallée n'est composé que de six arcades. Le second plus élevé trouve la vallée plus large et a onze arcades. Le troisième rang est formé de trente cinq petits arcs forts bas ; il fut destiné à atteindre juste au niveau de l'eau. Il a la même longueur que le second et porte immédiatement le canal, lequel a six pieds de large et six pieds de profondeur. Je ne tenterai pas de faire des phrases sur un monument sublime, dont il faut voir une estampe non pour en sentir la beauté, mais pour en comprendre la forme d'ailleurs fort simple et exactement calculé sur l'utilité.
Par bonheur pour le plaisir du voyageur né pour les arts, de quelque côté que sa vue s'étende, elle ne rencontre aucune trace d'habitation, aucune apparence de culture : le thym, la lavande sauvage, le genévrier, seules productions de ce désert exhalent leurs parfums solitaires sous un ciel d'une sérénité éblouissante. L'âme est laissée toute entière à elle-même, et l'attention est ramenée forcément à cet ouvrage du peuple-roi qu'on a sous les yeux. Ce monument doit agir, ce me semble, comme une musique sublime, c'est un événement pour quelques cœurs d'élite, les autres rêvent avec admiration à l'argent qu'il a dû coûter. Comme la plupart des monuments des Romains, le Pont du Gard est construit en pierres de taille, posées à sec et sans mortier, ni ciment. Les parois de l'aqueduc sont enduites d'un ciment qui se conserve encore. Une fois, j'ai eu le loisir de suivre cet aqueduc dans les montagnes. Il se divise en trois branches, et le guide me fit suivre ses traces dans une longueur de près de trois lieues ; le conduit étant souterrain a été mieux conservé.
Le Gardon passe sous le Pont du Gard ; et comme souvent il n'est pas guéable, les états généraux du Languedoc firent bâtir en 1747, un pont adossé à l'aqueduc. Au XVIIe siècle, on avait essayé de rendre praticable aux voitures le dessus de la seconde rangée d'arcades. On arrive à l'aqueduc proprement dit, supporté par trois arcades en gravissant l'escarpement qui borde la rive droite du Gardon. »
19:05 Publié dans Voyage/Tourisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Pont du Gard, Tourisme, Monument romain, Remoulins, culture
28.04.2008
Le Pont du Gard 4
Beaucoup d’artistes ont représenté le Pont du Gard et ceci depuis le XVIe siècle. De nombreux écrivains ou des poètes, de passage dans les environs, sont allés admirer l’ouvrage romain et sont tombés sous le charme, en grande partie du, à l’écrin sauvage dans lequel il s’était posé.
Ainsi Prosper Mérimée :
« En ce sens, le Pont du Gard est beaucoup plus qu’un monument. C’est un véritable paysage, associant de façon exceptionnelle l’objet à son contexte, le tout dans une mise en scène dont l’attente, l’approche et la brusque découverte participent. »
Mérimée ajoute encore dans ses « Notes d’un voyage dans le Midi de la France », en 1835 :
« Le site sauvage, la solitude complète du lieu, le bruit du torrent ajoutaient une poésie sublime à l’architecture imposante qui s’offrait à mes yeux ».
On a vu précédemment que même Marcel Pagnol dans ses « Souvenirs » a cru bon d’y consacrer quelques lignes en forme d’hommage.
Rabelais, qui s’apparente un peu à Pagnol par son humour, fait également allusion au Pont du Gard dans son Pantagruel :
"... au chemin fist le pont du Guard et l'amphithéâtre de Nismes en moins de trois heures, qui toutefois semble œuvre plus divin que humain..."
Alexandre Dumas, lui aussi, a été emballé par le Pont du Gard :
« Tout à coup nous aperçûmes au-dessus du feuillage sombre des chênes verts et des oliviers, se détachant sur un ciel bleu, deux ou trois arches, à teinte chaude et jaunâtre : c’était la tête du géant romain. Nous continuâmes d’avancer, et au premier coude que fit la montagne, nous l’embrassâmes dans tout son ensemble, à cent pas à peu près de nous ».
Et encore :
“J'ai vu quelques-unes des merveilles de ce monde: Westminster, Reims, Gênes, Pise, Florence, Venise, Rome, Naples, le Rhin… eh bien ! je n'ai rien vu (j’en excepte le temple de Ségeste, perdu aussi dans un désert), qui m'ait paru aussi beau, aussi grand, que cette magnifique épopée de granit qu'on appelle le pont du Gard”.
Alexandre Dumas, Midi de la France, 1837-1841.
Parmi les voyageurs célèbres du Pont du Gard, on ne peut passer sous silence, Jean-Jacques Rousseau qui, dans ses « Confessions », exprime bien l’impression que laisse le majestueux édifice :
« Après un déjeuner d'excellentes figues, je pris un guide et j'allais voir le Pont du Gard. C'était le premier ouvrage des Romains que j'eusse vu. Je m'attendais à voir un monument digne des mains qui l'avaient construit. Pour le coup, l'objet passa mon attente, et ce fut la seule fois de ma vie. Il n'appartenait qu'aux Romains de produire cet effet. L'aspect de ce simple et noble ouvrage me frappa d'autant plus qu'il est au milieu d'un désert où le silence est la solitude rende l'objet plus frappant et l'admiration plus vive ; car ce prétendu pont n'était qu'un aqueduc. On se demande quelle force a transporté ces pierres énormes si loin de toute carrière, et a réuni les bras de tant de milliers d'hommes dans un lieu où il n'en habite aucun. Je parcourus les trois étages de ce superbe édifice que le respect m'empêchait presque d'oser fouler sous mes pieds. Le retentissement de mes pas sous ces immenses voûtes me faisait croire entendre la forte voix de ceux qui les avaient bâties. Je me perdais comme un insecte dans cette immensité. Je sentais, tout en me faisant petit, je ne sais quoi qui m'élevait l'âme, et je me disais en soupirant : que ne suis-je né Romain ! Je restais là plusieurs heures dans une contemplation ravissante. Je m'en revins distrait et rêveur, et cette rêverie ne fut pas favorable à Mme de Larnage. Elle avait bien songé à me prémunir contre les filles de Montpellier, mais non pas contre le Pont du Gard. On ne s'avise jamais de tout. »
23:00 Publié dans Voyage/Tourisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Pont du Gard, Tourisme, Monument romain, Remoulins, culture
25.04.2008
Le Pont du Gard 3
Cette route, que l’on empruntait encore en voiture il y a trente ans a, depuis, été fermée à la circulation automobile. Plus récemment encore, l’accès au troisième étage, a été interdit (finis les belles photos vue d’en haut !).
Maintenant, on ne peut même plus passer sur le premier étage du Pont. Tout ça, c’est n’importe quoi… Bientôt, si cela continue, il faudra le regarder à la jumelle et encore seulement depuis le belvédère de Castillon-du-Gard…
Je ne m’étendrais pas sur le complexe mégalo-touristique, construit à la fin du siècle dernier et gouffre financier sans fond, qui fait râler tout le monde (A 5 € le parking, beaucoup –moi le premier- préfère se garer hors des parkings pour ne pas payer. Faut déjà payer l’essence et au prix où elle est, c’est largement suffisant…). Ces parkings sont de plus très loin du Pont, c’est sympa pour toutes les personnes qui ont du mal à marcher…
Seule chose vraiment positive selon moi, c’est le musée qui est très bien… mais payant évidemment.
J’ai l’air de râler comme cela, mais c’est agaçant de constater que le touriste ou même l’habitant du lieu, n’est plus qu’une vache à lait, qui doit sans arrêt payer (et pas des petites sommes), ce qui de fait, élimine du circuit la population la plus modeste qui n’a pas le moyen de régler les lourdes additions.
Comme le touriste est aussi la plupart du temps automobiliste, il est donc doublement ponctionné… carrément vampirisé. Si en plus, on rajoute maintenant les Sarkomatons à 90 € le flash, et bien, on a plus envie de sortir. Et vive Internet !!!
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23.04.2008
Le Pont du Gard 1
Ce blog, dédié à l’aqueduc romain et à la région environnante, commence, dans ses premieres « notes » par l’édifice phare de la région, en tout cas du département du Gard, le Pont du Gard évidemment.
J’ai toujours tendance à écrire Pont avec une majuscule car c’est le nom d’un pont bien spécifique. Il y a de nombreux ponts sur la rivière Gard ou Gardon et même à proximité de celui-ci, il y a le pont Saint Nicolas ou les ponts de Remoulins. Mais quand on parle du Pont du Gard, il n’y en a plus qu’un, pas d’erreur possible. Il est distinct, c’est pourquoi je le distingue avec une majuscule.
Vous trouverez toutes les caractéristiques et tous les renseignements liés à ce monument fameux dans mon site Internet : www.ils.fr/candi, avec en plus un très grand nombre de photos sur l’ensemble de l’aqueduc romain.
J’en rappelle juste, ici, les principales données :
Le Pont du Gard est un élément de l’aqueduc romain dont la construction a débuté très probablement au milieu du premier siècle sous le règne de l’empereur Claude et elle a du s’achever une vingtaine d’années après sous le règne de Néron.
Cet aqueduc reliait d’Uzès (Ucetia) où plusieurs captages avaient été installés au milieu des sources de l’Eure, à Nîmes où l’eau, après avoir parcouru 50 km, débouchait dans un réservoir, situé près des Jardins de la Fontaine, le Castellum Aquae.
La principale caractéristique de cet aqueduc était sa très faible déclivité, moins de douze mètres pour 50 km, ce qui fait à peine plus d’un millimètre tous les cinq mètres, en moyenne.
Le Pont du Gard est formé de trois étages superposés en retrait les uns par rapport aux autres. L’étage inférieur comprend six arches, l’étage médian en compte onze et l’étage supérieur, qui supporte l’aqueduc, trente cinq arches, pour une longueur totale actuelle de 275 mètres. La hauteur de l’édifice est de 48.77 m, au-dessus, de la grande arche de 24.52 m de large qui enjambe la rivière.
L’édifice est bâti en gros appareil, certain bloc pesant six tonnes, de calcaire coquillé, extrait des carrières proches du Pont.
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