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28.04.2008
Le Pont du Gard 4
Beaucoup d’artistes ont représenté le Pont du Gard et ceci depuis le XVIe siècle. De nombreux écrivains ou des poètes, de passage dans les environs, sont allés admirer l’ouvrage romain et sont tombés sous le charme, en grande partie du, à l’écrin sauvage dans lequel il s’était posé.
Ainsi Prosper Mérimée :
« En ce sens, le Pont du Gard est beaucoup plus qu’un monument. C’est un véritable paysage, associant de façon exceptionnelle l’objet à son contexte, le tout dans une mise en scène dont l’attente, l’approche et la brusque découverte participent. »
Mérimée ajoute encore dans ses « Notes d’un voyage dans le Midi de la France », en 1835 :
« Le site sauvage, la solitude complète du lieu, le bruit du torrent ajoutaient une poésie sublime à l’architecture imposante qui s’offrait à mes yeux ».
On a vu précédemment que même Marcel Pagnol dans ses « Souvenirs » a cru bon d’y consacrer quelques lignes en forme d’hommage.
Rabelais, qui s’apparente un peu à Pagnol par son humour, fait également allusion au Pont du Gard dans son Pantagruel :
"... au chemin fist le pont du Guard et l'amphithéâtre de Nismes en moins de trois heures, qui toutefois semble œuvre plus divin que humain..."
Alexandre Dumas, lui aussi, a été emballé par le Pont du Gard :
« Tout à coup nous aperçûmes au-dessus du feuillage sombre des chênes verts et des oliviers, se détachant sur un ciel bleu, deux ou trois arches, à teinte chaude et jaunâtre : c’était la tête du géant romain. Nous continuâmes d’avancer, et au premier coude que fit la montagne, nous l’embrassâmes dans tout son ensemble, à cent pas à peu près de nous ».
Et encore :
“J'ai vu quelques-unes des merveilles de ce monde: Westminster, Reims, Gênes, Pise, Florence, Venise, Rome, Naples, le Rhin… eh bien ! je n'ai rien vu (j’en excepte le temple de Ségeste, perdu aussi dans un désert), qui m'ait paru aussi beau, aussi grand, que cette magnifique épopée de granit qu'on appelle le pont du Gard”.
Alexandre Dumas, Midi de la France, 1837-1841.
Parmi les voyageurs célèbres du Pont du Gard, on ne peut passer sous silence, Jean-Jacques Rousseau qui, dans ses « Confessions », exprime bien l’impression que laisse le majestueux édifice :
« Après un déjeuner d'excellentes figues, je pris un guide et j'allais voir le Pont du Gard. C'était le premier ouvrage des Romains que j'eusse vu. Je m'attendais à voir un monument digne des mains qui l'avaient construit. Pour le coup, l'objet passa mon attente, et ce fut la seule fois de ma vie. Il n'appartenait qu'aux Romains de produire cet effet. L'aspect de ce simple et noble ouvrage me frappa d'autant plus qu'il est au milieu d'un désert où le silence est la solitude rende l'objet plus frappant et l'admiration plus vive ; car ce prétendu pont n'était qu'un aqueduc. On se demande quelle force a transporté ces pierres énormes si loin de toute carrière, et a réuni les bras de tant de milliers d'hommes dans un lieu où il n'en habite aucun. Je parcourus les trois étages de ce superbe édifice que le respect m'empêchait presque d'oser fouler sous mes pieds. Le retentissement de mes pas sous ces immenses voûtes me faisait croire entendre la forte voix de ceux qui les avaient bâties. Je me perdais comme un insecte dans cette immensité. Je sentais, tout en me faisant petit, je ne sais quoi qui m'élevait l'âme, et je me disais en soupirant : que ne suis-je né Romain ! Je restais là plusieurs heures dans une contemplation ravissante. Je m'en revins distrait et rêveur, et cette rêverie ne fut pas favorable à Mme de Larnage. Elle avait bien songé à me prémunir contre les filles de Montpellier, mais non pas contre le Pont du Gard. On ne s'avise jamais de tout. »
23:00 Publié dans Voyage/Tourisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Pont du Gard, Tourisme, Monument romain, Remoulins, culture





