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24.04.2008

Le Pont du Gard 2

Dès la chute de l’Empire Romain, cette magnifique œuvre d’art fut attaquée à la pelle et à la pioche par l’homme (et ne parlons pas du reste de l’ouvrage). La première attaque fut celle de la base des piles du second étage, afin de permettre aux chariots de franchir la rivière sur le Pont et non sur les bacs qui s’acquittaient ordinairement de cette tâche.

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On voit très bien les échancrures sur la plus ancienne gravure connue du Pont du Gard, celle de Jean Poldo d’Albenas. Elle est datée de 1560.
Par la suite, le Pont du Gard, sujet d’émerveillement général, a fait l’objet de très nombreuses représentations peintes, dessinées, gravées, la plupart inexactes, mais pittoresques.

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Pour ceux que cela intéresse (et c’est effectivement très intéressant), elles ont été rassemblées par Christiane Lasalle dans les cahiers et monuments de Nîmes/3, sous le titre « Le Pont du Gard, vues anciennes ».
Un autre dessin du Pont du Gard, qui n’est pas dans l’ouvrage cité, et celui du génial dessinateur, Albert Dubout, pour illustrer « La gloire de mon père » un des « Souvenirs d’enfance » de l’écrivain provençal, Marcel Pagnol.

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Le dessin du Pont du Gard de Debout est accompagné du texte suivant (Ed. Pastorelly 1973, page 20) :
« Dès qu'il (Marcel Pagnol parle de son grand-père) avait un jour de liberté - c'est-à-dire cinq ou six fois par an - il emmenait toute la famille déjeuner sur l'herbe, à cinquante mètres du pont du Gard.
Pendant que ma grand-mère préparait le repas et que les enfants pataugeaient dans la rivière, il montait sur les tabliers du monument, prenait des mesures, examinait des joints, relevait des coupes, caressait des pierres.
Après le déjeuner, il s'asseyait dans l'herbe, devant la famille en arc de cercle, en face du chef d'œuvre millénaire, et jusqu'au soir, il le regardait.
C'est pourquoi, trente ans plus tard ses fils et ses filles, au seul nom du pont du Gard, levaient les yeux au ciel et poussaient de longs gémissements. »
Au milieu du XVIIIe siècle, un pont routier fut construit par l’ingénieur, Pitot, à la demande des Etats du Languedoc, contre le tablier du pont inférieur et les piles échancrées furent rebouchées. Il était temps car l’édifice menaçait de s’écrouler.

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